dimanche 8 avril 2018

Aujourd'hui j'ai vu... un vieil ado


A me voir réagir à la beauté, je me sens souvent ado. Si j'ajoute mes emportements pour livrer des explications sur les guitares Fender (surtout sur les différences entre la télécaster et la stratocaster) et mon envie d'avoir une grosse moto, le diagnostic d'ado est doublement confirmé.

Par contre, ce diagnostic est infirmé par deux choses :
- d'une part, la vue de mon fils de 13 ans qui fait seul à manger pour quatre et qui me fait comprendre qu'il n'a pas besoin d'aide (j'adore, particulièrement après une journée de boulot !),
- d'autre part, mon miroir qui met en avant les cheveux blancs qui poussent de manière ostentatoire sur le devant de mon crâne, c'est-à-dire loin de ma calvitie naissante là où il y aurait besoin de plus de densité.

Ce contre-diagnostic ne serait pas loin de me plonger dans une perplexité dépressive. Heureusement, il y a nos très chers sénateurs. Je ne me lasse pas de regarder des photos sur internet, de préférence en privilégiant leur profil, ce qui me permet de sourire et de me dire que je resterai toujours un adolescent pendant qu'il y aura des hommes politiques avec de telles rondeurs, de tels mentons, de telles vestes et un discours si attaché à la vieille France, celle d'il y a très longtemps.

lundi 2 avril 2018

Aujourd'hui j'ai vu... une licence IV pour riches


Nous sommes dans une société très individualiste. Personne ne se parle ou sourit dans la rue. Peu regardent la pauvreté qui s'affiche. Et rares sont ceux qui se mobilisent auprès des plus vulnérables. Il y a un indicateur intolérable, ce sont les jetons dans les brasseries pour accéder aux toilettes. Nos villes sont entièrement bétonnées et le bitume et l'urbanisation nous empêchent d'uriner. Pour renforcer le tout, on empêche les sans domicile d'accéder à ces lieux de rencontres y compris pour pisser. De même que la salade de fruits et des toilettes parfaitement propres devraient être une des conditions de l'octroi de la licence IV, le libre accès aux toilettes devrait aussi en faire partie.

lundi 26 mars 2018

Aujourd'hui j'ai vu... Tom Cruise réparer un TGV à 380 km/h


Hier, annonce du chef de bord dans le TGV : "mesdames, messieurs, notre train est ralenti en raison d'une panne. Le conducteur tente de réparer. Je vous tiens informés." Ma première réaction a été de me dire qu'il avait encore le droit d'utiliser l'expression "mesdames, messieurs" sans risquer d'offenser les personnes-trans. Cela ne saurait durer lorsque l'on a en tête le débat à l'étranger sur ce sujet. Ma seconde réaction a été de me tourner vers mes deux garçons en leur disant d'être bien attentifs car ils allaient certainement voir passer devant la vitre, à l'extérieur, le fameux conducteur, une télécommande entre les dents, une hache à la main et une clé à molette à la ceinture, en sueur et tentant, alors que le train était lancé à au moins 380 km/h, de débloquer les roues d'une des voitures prête à se renverser. Quelle douche d'apprendre que la réparation devait certainement consister en un appel téléphonique du conducteur à un service support pour appuyer sur des boutons dans un ordre bien précis. La douche s'est avérée froide quand j'ai entendu, au final : "mesdames, messieurs, le conducteur est parvenu à solutionner la panne. Notre retard sera donc contenu à 40 minutes."
Au final, je crois être tombé dans un terrible piège : celui du grand complot des cheminots qui tentent par des moyens malhonnêtes de faire croire aux jeunes garçons que leur chauffeur de train, sous couvert d'une pseudo-polémique sur le genre humain, s'appelle Tom Cruise et que son statut est une des conditions à la bonne réparation des trains lancés à 380 km/h.